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Chine: Liberté pour le million d'Ouïghours détenu illégalement dans des camps de concentration du style nazi

De nombreux médias se sont récemment intéressés aux répressions subies par le peuple ouïghour. Une partie de plus en plus importante de membres de cette ethnie a été arrêtée par les services chinois, et se trouve détenus en prison ou dans des « camps de rééducation » (http://freedomsherald.org/ET/unb/ Les enfants sont en général séparés de leur famille et envoyé de manière forcée dans des orphelinats du Turkestan oriental.  Selon les sources officielles du Turkestan oriental, il y aurait environ 800 000 Ouïghours détenus dans ces camps de « rééducation » politique, qui s’apparentent à des camps nazis. Non officiellement, on estime que plus d’un million de personnes se trouveraient dans cette situation. En 2010, le recensement chinois a évalué la population ouïghoure du Turkestan oriental à 10 000 370 personnes (https://en.wikipedia.org/wiki/Xinjiang On estime donc que 10% de la population ouïghoure est détenue de manière forcée par les services chinois.

 D’après les informations dont nous disposons, les conditions de détention dans ces « camps de rééducation » ne respectent pas le principe de dignité des personnes garanti par la Charte des droits humains des Nations Unies. Certains témoignages récents d’exilés mentionnent que les personnes détenues n’ont pas la place suffisante pour dormir allongées sur le dos sur le sol de leur cellule, mais qu’elles doivent dormir sur le côté, touchant les corps adjacents. Les cellules sont donc surpeuplées. Les conditions de vie dans ces camps semblent extrêmement préoccupantes, causant de nombreux morts au quotidien. Les autorités de ces institutions se contentent ensuite d’envoyer le corps du détenu aux familles dévastées, sans fournir de détail ni de défraiement d’enterrement. Dans les détenus décédés sont mineurs, les autorités ne renvoient même pas leur corps à leur famille, mais l’enterrent dans le champ à proximité du camp. Ces quelques détails dont nous disposons laissent présager des conditions de détention désastreuses.

 La Chine communique peu sur les motifs de détention de ces personnes. Cependant, les témoignages d’Ouïghours exilés laissent penser qu’il s’agit d’une persécution politique contre tout un peuple (Voir le rapport intitulé «Persécution politique des Ouïghours - Brève description de certains cas individuels» sur http://freedomsherald.org/ET/unb/ Le dispositif de répression chinois envers le peuple ouïghour semble donc se mettre en place à travers des institutions variées, caractérisées par la détention forcées d’enfants et d’adultes Ouïghours. Cette répression contre le peuple ouïghour se traduit également par une répression directe envers sa culture : interdiction de l’usage de la langue ouïghoure dans l’enseignement au Turkestan oriental, interdiction de la littérature ouïghoure (autodafé des livres historiques et littéraires écrits en ouïghour). Ces interdictions chinoises relatives à la pratique de la culture ouïghoure touchent aussi les pratiques religieuses de ce [P1] peuple dans le but d’affecter les croyances des personnes dans leur religion. En parallèle à ces logiques de répressions contre le peuple ouïghour, le gouvernement chinois promeut le « développement de l’Ouest » en sponsorisant les migrations de populations chinoises Han pour qu’elles viennent au Turkestan oriental. Dans cette région, la colonisation chinoise Han n’est pas seulement humaine, elle est aussi culturelle. Son but est de marginaliser les Ouïghours dans leur propre patrie.

Comme les autres peuples, les Ouïghours ont le droit de voir leur intégrité, leur dignité, leur identité et leur culture garanties. Les Nations Unies promeuvent dans d’autres régions du monde les droits humains ainsi que les droits des peuples autochtones de manière active. Nous sollicitons donc leur aide.

 Nous demandons aux Nations Unies d’ouvrir une commission d’enquête sur les répressions vécues par le peuple Ouïghour au Turkestan oriental. Nous espérons que cette action aura un effet positif, limitera la politique chinoise de détention forcée à l’encontre des membres de notre peuple, mais surtout afin d’obtenir des éléments concrets d’enquête sur la politique chinoise au Turkestan. Les personnes détenues sont-elles traitées dans le respect des droits humains ? Le gouvernement chinois prévoit-il d’aller plus loin que la domination et la répression qu’il exerce actuellement au Tibet, dans le cas des populations du Turkestan oriental ? S’agit-il de la première étape d’une politique de nettoyage ethnique ? Les politiques mises en œuvre sont-elles le fruit d’une répression systématique susceptible d’une qualification de crimes contre l’humanité ?

 Nous souhaitons que le cas de la répression chinoise envers le peuple ouïghour soit examiné sérieusement par les Nations Unies. Un premier pas serait d’envoyer des fonctionnaires internationaux enquêter dans les différents institutions de détention des Ouïghours pour documenter les situations de détention au Turkestan oriental :

 

●          Où sont ces prisons, camps de concentration et orphelinats ?

●          Pourquoi et combien de personnes ouïghoures sont détenues ?

●          Que mangent-elles ? Où et comment dorment-elles ?

●          Que font-elles pendant la journée ?

●          Quelles sont leurs conditions de santé actuelles ?

●          Quels sont les taux de mortalité actuels parmi les détenus ?

●          Qu'arrive-t-il aux enfants / frères et sœurs / parents des personnes détenues dans les prisons et les camps de concentration ? Font-ils l’objet d’une surveillance ?

 Actuellement, nous, les Ouïghours, subissons une répression au quotidien quand nous vivons au Turkestan oriental, et avons fui en exil dans nombre d’autres cas. Nos capacités de mobilisation sont réduites. Au Turkestan nous ne pouvons pas nous défendre contre les atrocités du gouvernement chinois. Nous ne pouvons mener seuls une bataille pour notre survie. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale. Si des dizaines de milliers de personnes de partout dans le monde signent notre pétition, il est possible que les Nations Unies s'engagent et agissent pour mettre fin à la tragédie à laquelle les Ouïghours sont confrontés aujourd'hui.

 S'il vous plaît, joignez-vous à nous dans notre combat pour mettre fin aux atrocités chinoises qui se perpétrées au Turkestan oriental. S'il vous plaît, signez et partagez cette pétition. Nous vous remercions !

 A propos du peuple ouïghour et du Turkestan oriental :

 Le Turkestan oriental est la patrie du peuple ouïghour. Il est sous l'occupation de la Chine communiste depuis 1949. Le Turkestan oriental est situé en Asie centrale, à la frontière de la Chine et de la Mongolie à l'est, la Russie au nord, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde à l'ouest et le Tibet au sud. La masse continentale du Turkestan oriental est plus grande que toute l'Europe occidentale. Son nom colonial est «Xinjiang», ce qui signifie «le nouveau territoire» ou «la nouvelle frontière» en chinois. La Chine a officiellement désigné le Turkestan oriental comme une région autonome ouïghoure en 1955, mais en réalité, elle n'est jamais devenue une véritable région autonome. Le gouvernement chinois a indiqué qu’il y avait 10 000 370 Ouïghours au Turkestan oriental (se référer au recensement chinois de 2010), mais certaines sources ouïgoures estiment la population réelle à environ 20 millions.

 Les Ouïghours sont l’un des plus anciens peuples de l’Asie. Leur riche culture s’est étendue dans les siècles passés à toute l’Asie centrale et jusqu’à l’Empire Ottoman. Ce peuple a joué un rôle décisif pacifique en stimulant les dynamiques d’échanges (économiques, culturels, sociaux, etc.) de la Route de la Soie entre l’Est et l’Ouest. Leur identité est au cœur historique des cultures de l’Asie centrale.